C'est probablement le point le plus important.
Pendant que l'Europe débat encore de la place que doivent occuper les actifs numériques dans son économie, d'autres puissances ont déjà commencé à les intégrer à leur stratégie.
Les États-Unis ont profondément changé de doctrine.
Les actifs numériques ne sont plus seulement considérés comme un marché à surveiller ou un risque à contenir. Ils sont progressivement intégrés à une réflexion beaucoup plus large sur les paiements, l'investissement, les infrastructures financières et la compétitivité économique.
La création d'une réserve stratégique de Bitcoin par les États-Unis en est l'un des symboles les plus spectaculaires.
Mais le mouvement dépasse largement Bitcoin.
Stablecoins, tokenisation, blockchain, infrastructures Web3 : une nouvelle industrie financière mondiale est en train de se structurer.
Et les États-Unis ne sont évidemment pas seuls.
À travers le monde, des États, des institutions financières, des fonds et des entreprises investissent déjà massivement dans ces technologies.
Fermer les yeux ne fera pas disparaître ce marché
L'Europe peut décider d'aimer ou non cette évolution.
Elle peut la réglementer.
Elle peut en limiter certains risques.
Elle peut imposer des standards élevés de transparence et de protection des utilisateurs.
Mais elle ne peut pas décider que cette révolution technologique n'existe pas.
Le marché est déjà mondial.
Les capitaux circulent.
Les technologies progressent.
Les infrastructures se construisent.
Les entreprises choisissent leurs juridictions.
Et les investisseurs choisissent les marchés auxquels ils souhaitent s'exposer.
Fermer les yeux sur cette transformation serait donc une grave erreur stratégique.
Car pendant que nous hésitons, d'autres construisent.
Ne créons pas nous-mêmes notre désavantage concurrentiel
Il existe surtout un paradoxe.
Comment demander aux entreprises européennes de rivaliser avec leurs concurrentes américaines si ces dernières disposent d'un environnement beaucoup plus favorable pour développer, financer et commercialiser les technologies liées aux actifs numériques ?
Comment espérer faire émerger des champions européens si nos entrepreneurs doivent courir la même course avec davantage d'obstacles ?
Ce ne serait pas une « concurrence déloyale » au sens juridique.
Ce serait peut-être pire :
un désavantage concurrentiel que nous aurions nous-mêmes créé.
Les entreprises américaines n'attendront pas que l'Europe termine ses débats.
Les investisseurs internationaux non plus.
Et l'histoire nous a déjà montré le prix que peut coûter une révolution technologique abordée trop tard.
Du Minitel au Web3 : ne répétons pas la même erreur
La France avait le Minitel.
C'était une prouesse technologique.
Mais pendant que nous perfectionnions notre propre système, Internet devenait un standard mondial.
Les entreprises qui ont compris et adopté cette nouvelle infrastructure ont ensuite bâti une partie considérable de l'économie numérique mondiale.
Google, Amazon, Meta et tant d'autres ne sont pas devenus européens.
Nous avons fini par adopter Internet.
Mais une grande partie de la valeur économique avait déjà été créée ailleurs.
Le véritable danger n'est donc pas d'adopter trop rapidement une technologie mondiale. Il est aussi de l'adopter lorsque les positions dominantes ont déjà été prises.
Le Web3 pourrait représenter une nouvelle étape de cette histoire.
Nous ne savons pas exactement quelle place Bitcoin, les stablecoins, la tokenisation ou les blockchains occuperont dans vingt ans.
Personne ne peut raisonnablement le garantir.
Mais leur importance actuelle est déjà suffisante pour qu'une grande puissance économique ne puisse plus se permettre de les ignorer.
La souveraineté européenne passe aussi par la liberté individuelle
Et c'est ici que la question de l'épargne européenne prend tout son sens.
Oui, l'Europe peut chercher à mieux mobiliser son épargne.
Non, « mobiliser » ne signifie ni saisir les comptes bancaires des Européens, ni imposer aux citoyens des investissements décidés par Bruxelles.
Mais si nous voulons parler de souveraineté économique, alors allons jusqu'au bout du raisonnement.
La souveraineté européenne doit également permettre la souveraineté individuelle.
Un Européen doit pouvoir choisir comment conserver et investir son patrimoine.
Il doit pouvoir investir dans une entreprise européenne, acheter des actions, détenir de l'immobilier ou conserver son épargne sur un compte bancaire.
Mais il doit également pouvoir choisir, dans le respect de la loi, d'investir dans Bitcoin, des stablecoins ou d'autres actifs numériques.
Et lorsqu'il le souhaite, il doit pouvoir détenir directement ses actifs numériques, grâce à l'auto-détention.
C'est une liberté nouvelle rendue possible par la technologie.
Elle implique des risques et des responsabilités.
Mais interdire ou marginaliser cette possibilité sous prétexte de protéger les citoyens reviendrait à leur fermer l'accès à une économie à laquelle des millions de personnes et d'entreprises participent déjà ailleurs dans le monde.
Réguler n'est pas renoncer
Nous ne défendons pas un Far West financier.
Nous défendons exactement l'inverse : un environnement dans lequel l'innovation peut se développer avec des règles claires.
Réguler sans étouffer.
Protéger sans interdire.
Informer sans infantiliser.
Permettre aux citoyens de posséder sans prétendre que posséder signifie échapper au droit.
L'Europe possède le capital.
Elle possède les talents.
Elle possède les entrepreneurs.
Elle possède un marché immense.
Elle doit maintenant leur donner les moyens de jouer avec les mêmes cartes que leurs concurrents internationaux.
Parce que dans une économie mondiale, refuser les cartes du jeu ne change pas les règles pour les autres joueurs.
Cela nous empêche simplement de jouer.
Et chez OZAPAY, nous refusons que l'Europe regarde une nouvelle révolution technologique se construire depuis le bord du terrain.
Nous voulons contribuer à la construire ici.
En Europe.
Avec nos entreprises.
Avec nos technologies.
Et surtout avec des citoyens libres de choisir, d'investir et de posséder.
Votre quotidien. Vos règles.